
Intemporelles traces de vie
Site archéologique de Leptis Magna
inscrit au patrimoine mondial, 1982
Photographies de Jean-Pierre Cousin, 2008-2010
Leptis Magna, portde Lybie situé à 110km à l’Est de Tripoli, est d’abord connue historiquement comme établissement phénicien. Un temps assimilée au monde carthaginois, c’est une cité indépendante jusqu’à la conquête romaine. Commencent alors des travaux, comme la construction du théâtre, le plus grand d’Afrique.
Elle connaît son apogée au IIe siècle. Septime Sévère, natif de la ville, d'ascendance libyco-punique par son père, italique par sa mère,inaugure la dynastie des empereurs Sévères. Sous son règne (193-211), il investit sans compter en équipements portuaires et monuments bâtis en marbres importés de Grèce, de Turquie et de granite rouge d’Egypte pour enrichir le calcaire doré local. Elle est la capitale de l’Afrique romaine, sa plus grande ville (425 hectares) après Carthage.
Des catastrophes naturelles, une série de tremblements de terre dans les années 340, le séisme majeur suivi du tsunami de 365, puis les invasions successives vandales et arabes, enfin l’ensablement venu du désert eurent raison de la ville, malgré l’intermède fortifié byzantin du VIIème siècle. Au XVIIe, le pirate Darghut Pacha récupère des colonnes pour édifier sa mosquée de Tripoli.De nombreuxamateurs, comme les consuls français et anglais, ont puisé dans les ruines.
Des constructions monumentales seront désensablées et partiellement remontées par les archéologues au XXe siècle.Depuis 2016 le site est classé “en péril” par l’UNESCO.

Personnages tripolitains et figurants
Aux habitants absents de Leptis Magna ont été substitués des habitants actuels de la région de Tripoli, accompagnant ici la présentation de Leptis Magna comme “passeurs d’époques”, comme auraient pu l’être peut être des successeurs de Septime Sévère.
L’image des pêcheurs, très actuelle, est une mosaïque du IIe siècle.
Elle fait partie des mosaïques extraites d’une villa sans nom, surnommée la “villa nilotique”, située en bordure de plage près du port de Leptis Magna. Elle est conservée au musée d’antiquités de Tripoli, avec d’autres mosaïques extraites de villas romaines similaires.
Photographies
L’auteur du travail photographique est Jean-Pierre Cousin, résident à Tripoli de 2008 à 2011.
Les prises de vues aériennes ont été réalisées en hélicoptère au cours d’une mission interprofessionnelle. |

Janeth Cousin, céramiste
Intemporelle, la céramique l’est, issue d’anciennes civilisations, sa résistance millénaire aux agents physiques garde en elle la mémoire des temps anciens. C'est cette même matière qui est mon medium d'expression, plus précisément une terre dite de grès, dont les caractéristiques de solidité et de couleur se développent pleinement à haute température.
Dans mon atelier ce processus final de cuisson se fait en deux étapes. Une première fois à 1050°C, ce qui donne leur solidité aux pièces et permet ainsi l'application d'un émail transparent, une deuxième cuisson finale à 1280°C durant 12 heures. Le four est ouvert quand il est complètement froid, à peu près 36 heures plus tard.
L'élément créatif dans mon travail prend appui sur les expérimentations de nouvelles techniques de mise en couleur, axée toujours sur les monochromes noir- blanc-bleu dans une large palette des nuances.
Objet d'art ou fonctionnel, chaque pièce présentée dans l'exposition a son histoire propre, des accidents heureux, des formes modifiées par le feu, certains dessins imperceptibles lors de l'exécution initiale sont plus affirmés ou bien le contraire, effacés par sa couleur opposée.
L'ouverture du four est un moment unique dans le long processus créatif, déception, joie, regret, surprise. De nouvelles énigmes apparaissent dans la compréhension de la chimie des matériaux quand mes expérimentations techniques n'aboutissent pas.
L'architecture, le paysage urbain, leurs géométries sont une de mes sources d'inspiration, également la complexité des constructions tissées par la nature, comme point de départ dans la création de dessins plus abstraits. |